Samedi 14 h 30 – 16 h 30    Phase des ateliers 3

Occidentalisation et développement : quel défis pour l´Afrique

Dora Sandrine Koungoyo Ndedi (militante au sein de Corasol et reondatrice de la magazine «Stimme », Berlin), Péguy Takou (Afrique-Europe-Interact) & Ekanga Ekanga Claude Wilfried (auteur, Université de Frankfort)
Lieu: May Ayim // FR (interprété dans DE–FR–EN)

Occidentalisation et développement: Quels sont les défis pour l´Afrique? L´Occident continue de jouer un rôle majeur dans les événements qui se produisent en Afrique. Ce rôle passe par le vœu des états occidentaux de phagocyter définitivement l´Afrique en lui imposant un système de développement qui en tout point est une copie du système occidental. Cette occidentalisation totale de l´Afrique a commencé depuis les années sombres de la colonisation. Elle se poursuit de nos jours
à travers des programmes d´ajustement structurel (PAS), des aides au développement et de l´imposition d´un système de gouvernement occidental. Dans notre atelier, nous voudrions discuter le phénomène de l´occidentalisation dans toutes ses dimensions. Nous voudrions relever les conséquences qu´elle engendre en Afrique et dans le monde, en mettant à jour la relation entre l´occidentalisation et la gouvernance en Afrique, les guerres civiles, l´acculturation, le développement et la migration, et enfin le retard économique. Comment l´Afrique, condamnée à vivre en relation avec l´Occident peut tirer profit de cette occidentalisation sans toute fois se laisser absorber?

Dora Sandrine Koungoyo Ndedi est informaticienne et vit à Potsdam. Elle est active dans plusieurs groupes à Berlin et créatrice du magazine « Stimme ». Elle s’occupe principalement des luttes pour les droits des femmes et l’amélioration de leurs  conditions de vie en Allemagne et au Cameroun.

Rodrigue Péguy Takou Ndie vient de Cameroun. Il fuit en Allemagne en 2013 après avoir publié un roman critique sur le chômage des jeunes. En 2015 il a publié un livre en France sur le colonialisme allemand au Cameroun aujourd’hui. En début 2018, un roman en Allemand sur la vie des refugiés dans les Lager en Allemagne paraitra. Aujourd’hui il participe entre outre activement à l’Afrique-Europe-Interact.

Ekanga Ekanga Claude Wilfried a terminé ses études à l’Université de Yaoundé au Cameroun en 2008 et fait les études de sciences politiques à Frankfurt depuis 2010. Il a publié un recueil de poèmes (« Des Afriques et des vers »), écrit pour le magazine en ligne camerounais «camersenat.info» et fait des interventions sur les imbrications néocoloniales des monnaies de
l’Afrique Centrale et de l’Ouest (FCFA-Franc) et les systèmes d’éducation africains.

 

Fuir le climat – la migration causée par le climat et l’exode dans le contexte international

Sophia Wirsching (Pain pour le Monde) & Oscar Choque (expert pour le marché de matières premières, les développements et les mouvements migratoires en Saxe)
Lieu: Foyer Ken Saro-Wiwa // DE (interprété dans DE–FR–EN)

Le changement climatique n’est pas une raison de la migration isolée, mais contribue en tant que fort multiplicateur de risques à ce que les personnes doivent quitter leur pays à cause de ses conséquences. Ce sont surtout les pays du sud – déjà en pénurie de capacités d’adaptation – qui généralement sont le plus touchés. Surtout en vue de la responsabilité historique des pays du nord, il doit y avoir un changement de paradigme et un débat intensifié sur la migration et l’exode climatique en rapport avec les discussions sur les dégâts et les pertes causés par le climat. Comment est-ce que les personnes qui doivent quitter leurs pays à cause des facteurs environnementaux peuvent être protégées par la loi? Quelles solutions y-a-t-il dans les pays du sud et quelle responsabilité aux pays du nord? Quel rôle dans ceci joue la protection climatique internationale après la COP21 de Paris pour le combat et la réduction des crises écologiques?

Sophia Wirsching est conférencière pour la migration et le développement de Pain pour le Monde. En étroite coopération avec les organisations partenaires, elle s’engage au faveur de meilleures conditions de vie. Dans son travail, elle lutte contre les violations des droits humains et les causes de l’exode comme la violence, la pauvreté et les conséquences du changement climatique. Dans sa domaine de compétence, elle est également engagée à améliorer la protection des droits humains
pour les réfugié-e-s dans les pays de transit et d’arrivée.

Oscar Choque est expert pour les marchés de matières premières, le développement et les mouvements migratoires en Saxe. Il est membre actif de l’association Ayni pour la gestion équitable des ressources (Ayni Verein für Ressourcengerechtigkeit e. V.) dans le centre environnemental (Umweltzentrum) à Dresden. Il travaille avec des élèves, des professeur(e)s, des étudiant(e)s et
multiplicateurs/-trices sur les relations entre la consommation des matières primaires, l’exploitation des ressources naturelles et les violations des droits humains qui en résultent.

Comment les migrant-e-s participent, par leurs transferts d’argent et autres, au développement auto-déterminé?

Bakayoko Mamadou, Abbas Diallo, Conny Gunßer et d’autres (Afrique-Europe-Interact)
Lieu: Salon Lilian Masediba Ngoyi // DE–FR (interprété dans DE–FR–EN)

Les transferts d’argent des migrant-e-s représentent parfois un apport considérablement plus grand que « l’aide au développement » internationale et se trouvent d’être un facteur économique très important pour de nombreux pays du sud. Pour ne citer qu’un exemple, en 2012, les migrants du Sénégal ont envoyé à leurs familles 1,4 milliards de dollars, ce qui représente 11.4 % du Produit Intérieur Brut. Si cette contribution disparaisse, à cause de la politique migratoire répressive de l’UE, ca serait dramatique pour l’alimentation, l’accès au soins médicaux et pour la scolarité, postes auxquels sont destinés la plupart des virements aux familles. En même temps, il ne faut pas perdre de vue que ces transferts d’argent sont pour beaucoup de gouvernements africains une aubaine pour boucher chaque trou du budget public engendré par la corruption, la gabegie et les programmes d’ajustement structurel néo-libéraux du FMI. Dans cet atelier, les différents aspects des transfers d’argent seront discutés à l’aide d’exemples concrets. Y compris la pression énorme exercée par les familles sur les migrants, à plus forte raison lorsqu’elles se trouvent dans une situation de détresse.

Bakayoko Mamadou, de Côte d’Ivoire, membre fondateur de Acsore: Actions de Solidarité pour Réfugiés, membre d’Afrique-Europe-Interact. Installé à Strasbourg, France, l’informa Abbas Diallo est arrivé en Allemagne comme refugié de Mali. D’ici là il suit une formation en Saxe-Anhalt et est actif à Afrique-Europe-Interact.

Conni Gunßer fait partie de différents réseaux antiracistes depuis longtemps. Aujourd’hui elle est particulièrement active à Lampedusa à Hambourg, Conseil des Refugié_es de Hambourg, Watch The Med Alarmphone et Afrique-Europe-Interact.

 

L’agriculture industrielle contre l’agriculture paysanne

Victor Nzuzi (Via Campesina Congo) & Julianna Fehlinger (Via Campesina Autriche)
Lieu: Mekatilili wa Menza // DE–FR (interprété dans DE–FR–EN)

Tout autour de la planète, l’agriculture paysanne est depuis longtemps menacée. Dans les pays du sud, ce sont particulièrement les programmes d’ajustement structurel du FMI, de la Banque Mondiale et compagnie, qui depuis le début des années 80, par la suppression des subventions, les privatisations et l’ouverture du marché imposées ont agravé des situations de toute façon déjà
précaires et ont de cette manière freiné les perspectives de développement de la petite agriculture (auto-déterminée). Il faut rajouter à cela des développements plus récents, mais néanmoins tout aussi dramatiques, en particulier l’accaparement des terres, les stratégies d’investissement des grands entreprises agro-alimentaires, les accords de libre-échange néolibéraux et le changement climatique. Ce que cela signifie concrètement sera discuté dans cet atelier à travers l’exemple de la RDC. Il
s’agira également d’aborder la question de savoir comment les mouvements sociaux et ruraux en Europe pourraient soutenir les luttes des petits paysans de l’émisphère sud, entre autre prenant en considération des luttes pour la terre.

Victor Nzuzi est un des critiques de la mondialisation les plus connus dans la Republique Démocratique de Congo. Il est cultivateur des cacahuètes et comme membre de Via Campesina surtout active dans les luttes des petit(e)s paysan(ne)s. Il a un propre programme de radio et participe dans des productions de film et télé, qui s’agissent de corruption, endettement,
changement climatique, migration etc. En 2008 Victor Nzuzi a fait partie du camp de climat et migration à Hambourg et en 2011 il a participé dans la caravane de Bamako à Dakar, dont le réseau transnational Afrique-Europe-Interact s’est constitué.

Julianna Fehlinger est directrice de l’Association des Petites Paysannes et Paysannes de Montagne Autrichiennes. Elle est militante à AgrarAttach et Via Campesina. Depuis début 2014 elle vit dans une ferme gérée en commun avec deux femmes en Haute-Autriche.

 

Reconnaître l’implication, refuser le développement, organiser la transformation

Daniel Bendix (glokal et Universität Jena, Berlin) & Aram Ziai (Universität Kassel et kassel postkolonial)
Lieu: Studio Frantz Fanon // DE (interprété dans DE–FR–EN)

Les pays occidentaux aiment se considérer comme le centre de la raison, de l’esprit de l’inventivité et des droits humains. Les critiques anticoloniaux ont toujours démasqué cela comme une hypocrisie : Selon Frantz Fanon « le bien-être et le progrès de l’Europe ont été bâtis avec la sueur et les cadavres des colonisés ». Cet atelier introduira les implications coloniales qui sont le fondement du « développement » et du « sous-développement ». Après, nous regarderons la critique générale envers la politique de développement et envers l’aide au développement (« post-développement »), qui les refuse car raciste, paternaliste et autoritaire. Ensuite, les pouvoirs économiques et militaires des pays du nord doivent être réduits et l’autosuffisance alimentaire et en matières premières doit être assurée, pour que les sociétés des régions anciennement colonisées puissent suivre des chemins façon autodéterminée.

Daniel Bendix est membre du Kolleg Postwachstumsgesellschaften (société post-développement) de l’Université de Iéna, actif à glokal et étudie le pouvoir colonial dans la politique de développement, du racisme en Allemagne et de la critique de la politique démographique.

Aram Ziai travaille dans le domaine de la politique de développement et des études postcoloniales à l’université de Kassel. Il vit près d’Aix-la-Chapelle, il est membre de la coordination fédérale de l’internationalisme (Bundeskoordination Internationalismus), s’engage auprès de kassel postkolonial et mène des recherches sur le post-développement et la banque mondiale.

 

Le Global Compact for migration comme domination colonial de la mobilité humaine

Claudio Feliziani (cinéaste de film, Berlin)
Lieu: Loge Thomas Sankara // EN (interprété dans DE–FR–EN)

Qu’est-ce qu’il signifie de créer des trajectoires migratoires qui ne sont pas en accord avec les règles d’immigration et les intérêts des pays du Nord ? De quelle manière est-ce que le « retour volontaire » des gens en prison se déroule régulièrement ? Dans cet atelier nous discutons le ‘Global Compact for Safe, Orderly and Regular Migration’. Il contient le recrutement des ONGs et des organisations de la société civile pour créer un « consensus de la société civile », qui est en accord avec la domination coloniale de la migration. Tout en avance la doctrine de l’Allemagne et de l’UE répète le motif suivant : Les seules personnes auxquels il est rendu possible de traverser la frontière sont des réfugiés selon la convention de Genève du 1951, « les réfugié(e)s d’économie » sont pris en dehors ou sont expulsées.

Claudi Feliziani est un réalisateur du film, militant et chercheur indépendant. Pour presque 10 années il s’est engagé dans l’auto-organisation des réfugié(e)s et des migrant(e)s en Allemagne. Actuellement il travail sur la politique de frontière allemande et européenne.

 

De la vie au coût des autres vers une solidarité mondiale : critique de la croissance, la décroissance et les écononies alternatives dans les pays du nord

Miriam Lang (Universidad Andina Simón Bolívar, Quito), Nina Treu (Konzeptwerk Neue Ökonomie, Leipzig) & Matthias Schmelzer (Konzeptwerk Neue Ökonomie, Leipzig)
Lieu: Emiliano Zapata // DE (interprété dans DE–FR–EN)

Capitalisme, colonialisme et la destruction écologique font que les hommes et les femmes des pays du nord – dans les sociétés riches – vivent à la dépense des autres. En même temps, ceux qui ont le moins contribué aux problèmes notamment du changement climatique sont également ceux qui souffrent le plus de ses conséquences (désertification, évènements météorologiques extrêmes). Le coût du niveau de vie élevé de quelques peu est ainsi délocalisé ou externalisés en tant
qu’exploitation, destruction de l’environnement et accidents industriels dans les pays du sud global. Et ceci n’est pas un hasard : Le capitalisme a besoin d’une croissance économique sans fin. Mais une croissance illimitée n’est pas dans les moyens d’une planète limitée. Qu’est-ce que cela signifie concrètement pour la discussion sur les causes de la migration ? Quelles sont les alternatives pour les pays du nord global qui ne se baseraient pas sur la destruction et la migration des autres ? Est-ce
que pour faire cela, nous devrons surmonter le paradigme de croissance et de développement ? Estce que la post-croissance/le mouvement de décroissance peuvent y apporter quelque chose ?

Miriam Lang est professeure d’études sociales et mondiales à l’Universidad Andina Simón Bolívar à Quito, Equateur. Dans les années quatre-vingt-dix, elle était militante dans le mouvement antiraciste et elle est cofondatrice du bureau d’aide médicale pour les réfugiés à Berlin.

Nina Treu travaille au Konzeptwerk Neue Ökonomie. Elle est coéditrice de “Degrowth in Bewegung(en)” (décroissance en mouvement(s)), où entre autre, on relie les combats politiques de réfugié(e)s et de migrations avec ceux de la décroissance.

Matthias Schmelzer travaille au Konzeptwerk Neue Ökonomie et est membre permanent du DFGKolleg Postwachstumsgesellschaften (société de post-croissance) de l’Université de Iéna. Il travaille sur le fonctionnement et l’histoire du capitalisme ainsi que sur les alternatives au capitalisme.

 

Causes et expériences de fuite et état des lieux de la vie de Erythréen_nes en Allemagne

Freweyni Habtemariam (Eritrean Initiative for Dialogue and Cooperation)
Lieu: Casablanca (Josephstr. 12) // Allemand et Tigrinya

In Tigrigna

Cet atelier s’adresse aux réfugié_es d’origine erythréen(ne)s ainsi qu’à des personnes qui s’engageant auprès des réfugié_es à titre professionel ou bénévole. Dans la première partie nous allons rassembler les questions importantes et les sujets qui préoccupent les réfugié_es et les personnes venant à leur aide. Les questions autour de la vie en Allemagne seront au centre de cette partie. La deuxième partie va consister d’un échange entre les deux groupes et nous allons travailler pour identifier des pistes de solution aux questions posées. L’atelier a comme but d’encourager l’auto-organisation et l’aide à soi-même et de contribuer à l’intégration des réfugié_es par la voie d’interconnexion et de coopération. L’atelier aura lieu en allemand et en tigrinya.

Freweyni Habtemariam est germaniste/angliciste diplômée, directrice adjointe de l’association Eritrean Initiative for Dialogue and Cooperation et interprète assermentée et traductrice.

 

Film: La révolution à main nue.  La trajectoire d’un peuple. Le Burkina Faso

(Ouagadougou/Wien 2015, 71 minutes), documentaire avec Moussa Ouédraogo & Hans-Georg
Eberl
Discussion avec Hamado Dipama (AK Panafrikanismus, München) & Hans-Georg Eberl (AEI,
Wien)

Lieu: Lottas Kaufladen (Erich-Köhn-Str. 68) // Français/Morée avec sous-titres allemands

„La révolution à main nu. La trajectoire d`un peuple. Le Burkina Faso“ est un document de mémoire cinéaste du soulèvement populaire du 30 et 31 Octobre 2014 au Burkina Faso, qui a résulté dans la chute du régime dictatorial de Blaise Compaoré. Le film s`approche de divers protagonistes et de lieux emblématiques du soulèvement. Il cherche à faire ressortir les raisons
basées dans les conditions de la vie de la population mais aussi dans la mémoire des luttes passées. Les narrations des personnes impliqué(e)s parlent des conditions dans lesquelles des hommes, des femmes, des jeunes, n`ayant pas d’armes, se sont levé(e)s pour dire non à un régime dictatorial et militarisé, dans l`esprit qu`un peuple convaincu et déterminé peut remporter la victoire face à n`importe quelle pouvoir. En plus, le film pose la question quels sont les attentes et espoirs pour le
futur des divers protagonists du soulèvement.

Hamado Dipama a fuit le Burkina Faso en Allemagne en 2002 et a vecu 9 ans avec le status du « Duldung ». Depuis 2007 il est porte parole du conseil du réfugié(e)s (Flüchtlingsrat) à Bavière. Il est fondateur du « Arbeitskreis Panafrikanismus München e.V., ainsi que co-fondateur et viceprésident du conseil central des communautés africaines (Zentralrat der afrikanischen Gemeinde) en Allemagne.

Hans Georg Eberl était un long membre de la carawane pour les droits des réfugiés et migrant(e)s à Munich. Il vie à Vienne, est cinéaste et active chez Afrique-Europe-Interact. Dans ce cadre il est souvent à Togo, Burkina Faso et Mali.